Valeur artistique :
Ken Loach intègre intelligemment la fiction romanesque à un arrière-plan social authentique, et plaide avec fougue la cause des deshérités. Ses personnages sont attachants et vivants. Et le cinéaste sait donner de la chaleur et de l’humour à un sujet qui pouvait être rébarbatif, notamment dans des scènes comme l’irruption des gens de ménage au milieu d’un cocktail mondain réunissant le gratin hollywoodien. Cependant, le film est un peu démonstratif, et moins original que les oeuvres anglaises de Ken Loach.
Valeur humaine :
Cinéaste engagé, Ken Loach poursuit le combat social qu’il a toujours mené à l’écran. Le titre, "Bread and roses", reprend un slogan inventé par des grévistes américains des années 1910 et réclamant "du pain et des roses", c’est-à-dire non seulement des améliorations matérielles, mais de la considération et de la dignité, sans lesquelles il n’y a pas de vraie qualité de la vie. Même si on ne partage pas les positions politiques de Ken loach et si la question de l’immigration clandestine n’est vue ici que d’un côté, son exigence de justice et sa profonde générosité de regard sont remarquables.
Marie-Noëlle Tranchant.