Dans les années 1960, à l’occasion d’un concours de chant, un trio de chanteuses, Effie, Deena et Lorrell, surnommées les « Dreamettes », attirent l’attention de Curtis Taylor, un manager plein d’ambition. Il leur propose de devenir les choristes du chanteur vedette James « Thunder » Early, avant de les propulser sous les feux de la rampe, comme un groupe à part entière. Il a une idée très précise de leur évolution artistique. Les « Dreamettes » deviennent les « Dreams ». Curtis choisit Deena comme soliste du groupe, à la place d’Effie, qui possède pourtant une voix plus puissante, mais qui est dotée d’un physique moins avantageux. Celle-ci, qui est amoureuse de Curtis, vit cela très mal et n’hésite pas à le faire savoir. Si bien qu’elle finit par se faire expulser du groupe sans ménagement. Curtis se concentre essentiellement sur la carrière de Deena, qui ne tarde pas à connaître une ascension fulgurante...
Voilà un film musical qui va, sans aucun doute, ravir les amateurs de la musique des années 1960 à 1970. Il s’agit de l’adaptation d’une show musical à succès qui resta à l’affiche à Broadway pendant près de quatre ans. Le réalisateur Bill Condon est un familier des comédies musicales, puisqu’il avait obtenu une citation à l’Oscar du meilleur scénario pour son adaptation de la pièce musicale « Chicago ». Son nouveau film s’inspire librement du parcours de Diana Ross et des « Suprêmes ». Mais le sujet n’est pas tant l’ascension de Deena que l’éviction d’Effie du sein du groupe et la façon dont le show-business fait et défait les carrières selon des critères plus que discutables. Le film restitue parfaitement l’atmosphère colorée et pleine de paillettes de cette époque et le travail sur les décors, et les costumes est à saluer. On retrouve dans la bande originale plusieurs morceaux du show, mais de nouvelles chansons ont aussi été composées pour le film et intégrées dans la dramaturgie du récit. Ce qui donne lieu à quelques beaux numéros musicaux habilement orchestrés. On peut tout de même regretter de ne pas entendre quelques célèbres mélodies de Diana Ross, le show de Broadway ne s’inspirant que très librement du parcours de la chanteuse. L’histoire en elle-même ne présente pas une grande originalité, mais elle comporte des aspects intéressants, comme la façon dont la musique noire a tenté de conquérir un plus large public. Qui plus est, le film bénéficie d’une distribution de choix. La grande révélation est sans aucun doute Jennifer Hudson (éclipsant du même coup la très populaire Beyoncé Knowles, néanmoins convaincante dans le film), révélée par l’émission « American Idol » et qui, au-delà de son potentiel vocal, déploie un beau potentiel de comédienne. Jennifer Hudson vient de recevoir l’Oscar du meilleur second rôle. Jamie Foxx est toujours impeccable et Eddie Murphy s’en donne à cœur joie.
Le film dénonce cette toute-puissance des managers, qui traitent les artistes comme des produits à consommer. Dans de milieu du show-biz, les liaisons se font et se défont, mais les séquelles émotionnelles qu’elles engendrent n’ont pas été ignorées. Des scènes légères, et l’un des personnages se drogue.
Marie-Lorraine Roussel