La maison du vieux Paulou est jolie et pas chère, mais elle est si bruyante, à cause de l’autoroute que seuls des sourds voudraient l’acheter... Le vieil homme contacte l’institut de Montpellier et l’affaire est bientôt doublement « signée » par une famille de sourds, dont les mains sont si volubiles. Entre le petit Antoine et Paulou le Camarguais, une belle amitié grandit, tandis que tout le village regarde avec méfiance « ces gens-là ». Il y a dans les bois du village le vieux chêne du « sourd pendu » : qui fut ce Jean Peyre, né il y a un siècle et placé dans un institut d’apprentissage de la langue des signes, brillant instituteur victime du combat acharné des « oralistes » ?
Il y a en réalité deux histoires qui se croisent, l’une est sur une note grave et joyeuse, l’autre est une symphonie tragique...et la langue des signes est la clé des destins des personnages. Le lecteur se retrouve plongé au cœur du monde des sourds, c’est une passionnante découverte et une leçon d’histoire et d’humanité. Le bégaiement existe-t-il en langue des signes ? Comment savoir si le bébé pleure dans sa chambre à l’autre bout de la maison ? Par quoi remplacer un indispensable appel téléphonique ? Et surtout, pourquoi s’acharner à faire parler les sourds « comme tout le monde » ?