Camille gagne sa vie péniblement dans une entreprise de nettoyage de bureaux. Elle habite une mansarde misérable d’un immeuble vétuste. Un jour elle fait la connaissance d’une jeune homme, Philibert, aristocrate fauché qui habite un grand appartement du même immeuble, en attente d’une liquidation d’héritage. Camille tombe malade et Philibert l’accueille chez lui. Mais Philibert partage pour le moment son appartement avec Franck qui, provenant d’un milieu populaire, travaille dans les cuisines d’un restaurant. Franck est comme l’antithèse de Philibert. Mais cela ne l’empêche pas de s’occuper avec affection de sa grande-mère, obligée d’abandonner sa maison, transformée en parc zoologique, pour s’installer dans une résidence de personnes âgées. Le trio s’entend bien et Camille propose à Franck de rapatrier sa grand-mère dans l’appartement. Bien entendu Camille ne laisse pas indifférent Franck, et la réciproque est vraie. Une liaison s’amorce, mais aucun de deux, ne voudrait avouer qu’il est attiré par un véritable amour...
Le roman d’Anna Gavalda , publié en 2004, avait enchanté Claude Berri, qui acheta les droits sans l’intention de le réaliser lui- même un film sur ce sujet. Plus tard il changea d’avis séduit, semble-t-il, par ce sujet. Mais les catastrophes s’abattirent sur le projet. Audrey Tautou succèda à Charlotte Gainsbourg, blessée le premier jour du tournage, et Claude Berri eut un accident vasculaire. Malgré tout, aidé par François Dupeyron, Berri réussira à finir le film. Tout ces malheurs reflètent un peu les difficultés des personnages, car le roman d’Anna Gavalda montre effectivement un quatuor de gens blessé par la vie, très différents par les caractères, les milieux sociaux et les âges, réunis par des liens d’amitié et d’amour. Soumis aux aléas de notre temps, ces personnages sont positifs et arrivent à construire quelque chose « ensemble ». Entre réalisme et fable, Claude Berri impose son sujet avec l’aide de très bons comédiens, visiblement très à l’aise dans leur rôles respectifs.
C’est au travers d’une chaîne de sentiments contradictoires que se construit peu à peu une espèce de cellule familiale où la générosité joue un rôle capital. La nécessité d’aller plus loin que la simple relation physique est très bien exprimée par le personnage de Franck, qui réclame un statut plus stable à ses sentiments pour Camille.
Georges Collar