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Valeur artistique

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Valeur humaine

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carre_jaune Faubourg 36

Comédie dramatique française (2008) de Christophe Barratier, avec Gérard Jugnot (Pigoil), Clovis Cornillac (Milou), Kad Merad (Jacky), Nora Arnezeder (Douce), Pierre Richard (Monsieur TSF), Bernard-Pierre Donnadieu (Galapiat), Maxence Perrin (Jojo), François Morel (Célestin) (2h).

Le 31 décembre 1935, le Faubourg, quartier populaire de Paris, s’apprête à fêter la nouvelle année. Pigoil, Milou et Jacky sont, tous les trois, techniciens dans un music-hall. Le directeur, acculé à des dettes, se suicide. Le repreneur de l’établissement, Monsieur Galapiat, est un homme fasciste et sans cœur, entouré d’hommes de main sans foi ni loi. Qui plus est, Pigoil découvre que sa femme le trompe et qu’elle a eu une aventure avec Milou. L’année 1936 ne commence décidément pas sous les meilleurs auspices pour lui, car il se retrouve au chômage, à la suite de la fermeture du music-hall, et son ancienne épouse, qui a refait sa vie avec un autre homme, obtient la garde de leur fils, Jojo. Mais l’arrivée d’une jeune femme nommée Douce, dont la mère, Rose, était chanteuse au music-hall, va changer la vie du Faubourg....

Il n’est jamais aisé de réaliser un second long métrage, lorsqu’on a rencontré un véritable succès avec son premier film, comme ce fut le cas de Christophe Barratier avec « Les choristes » (plus de 8 millions de spectateurs !) . Mais le cinéaste n’a pas à rougir de son second opus qui n’est pas sans points communs avec le premier : film d’époque, trame sentimentale, portrait de blessures enfantines, héros attachants et pleins d’humanité, romance pudique... On retrouve dans ce film certains acteurs, comme Gérard Jugnot et le jeune Maxence Perrin (le fils de Jacques Perrin) qui interprétait Pépinot dans « Les choristes ». Christophe Barratier revendique un certain type de cinéma, populaire et humaniste. On peut, naturellement, constater, que le récit multiplie les figures imposées (la scène sur les toits de Paris, la tentative de suicide...) et que le représentation de l’époque est assez réductrice, entre les fascistes et ceux qui s’opposent à ceux-ci (l’incartade d’un des personnages dans le camp fasciste est un peu trop facilement effacée). L’évolution des personnages suit une ligne directrice un peu trop connue et facile pour être vraiment satisfaisante. Mais, malgré ses maladresses, qui apparaissent comme des partis pris pleinement assumés par le réalisateur, cette œuvre comporte un bel élan romanesque auquel il est aisé de succomber. L’époque sert, avant tout, à créer une atmosphère de tension, d’affrontement, d’émulation et d’espoir. À l’instar d’une caméra volontiers virevoltante sur des airs de valse et d’accordéon, nous sommes invités à suivre ce mouvement romanesque et à nous émouvoir à l’unisson des personnages. La mise en scène, d’une grande fluidité, ne manque pas de brio. Le récit, mené à un rythme soutenu, comporte quelques scènes très émouvantes et d’autres pleines d’humour. Les acteurs parviennent aisément à rendre leurs personnages attachants, et l’on retiendra, au milieu de cette jolie distribution, le nouveau visage de Nora Arnezeder, lumineuse dans le film. Ce n’est pas sans un certain plaisir que les cinéphiles découvriront ces décors évoquant le cinéma français des années 1930 et 1940 (Marcel Carné, René Clair, Duvivier...) et, dans les scènes finales, des chorégraphies dignes du fameux chorégraphe Busby Berkeley. Cette œuvre fait revivre avec un certain bonheur le music-hall des quartiers populaires de Paris des années 1930 et rend un bel hommage au cinéma populaire de cette époque.

Cette histoire montre que l’entraide, la solidarité, l’espoir et la persévérance peuvent faire des merveilles. Le film est destiné à un large public, mais notons, tout de même, une tentative de viol (filmée très discrètement et brièvement) et une tentative de suicide.

Marie-Lorraine Roussel

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