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Valeur artistique

Valeur humaine

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carre_jaune Garage

Drame irlandais (2007) de Lenny Abrahamson, avec Pat Shortt (Josie), Anne-Marie Duff (Carmel), Conor Ryan (David), Don Wycherley (Beffni), Andrew Bennett (Sully), Denis Conway (Garda Michael) Tom Hickey (M. Skerrit), George Costigan (Dan), John Keogh (Mr. Gallagher) (1h30).

Dans une petite ville du fin fond de l’Irlande, Josie est considéré par ses voisins comme un marginal inoffensif qui s’occupe, depuis toujours, d’une station-service délabrée. C’est celui qu’autrefois on aurait appelé « l’idiot du village », entouré, malgré tout, de la compréhension des gens. Mais aujourd’hui les temps sont plus durs. Josie vit en solitaire et il est foncièrement optimiste. Son travail est simple, et il ne se rend pas compte qu’il est plus ou moins exploité par le propriétaire de la station-service, qui a peut-être des projets immobilier pour ses terrains. Un jour, son patron lui annonce l’arrivée d’un jeune garçon pour l’aider les week-ends. David est le nom du jeune qui n’a pas, non plus, un coefficient mental très élevé. Ils s’entendent bien, consomment de la bière, et David amène parfois Josie avec quelques amis -garçons et filles -, qui se réunissent pour boire autour d’un feu. Un jour, Josie a la mauvaise idée de montrer à David une vidéo érotique qu’un camionneur lui a apportée de Belgique. David a la bonne réaction de couper la projection et de partir. De toute évidence, Josie n’a pas compris la portée de son acte. Les choses se compliquent quant la police locale intervient. Elle fait une enquête ; le geste de Josie peut tomber sous le coup de la loi, car David n’a que 15 ans. Même si le policier se montre compréhensif, Josie réalise qu’il est le centre d’une méfiance qui lui échappe, il se sent condamné par la communauté et, un jour, il décide de disparaître dans le lac de la région...

L’histoire est simple, et on a, au début, la sensation qu’elle sera sinistre, pire, qu’elle ne réussira pas à nous intéresser, tant ses éléments son banals. Mais, comme l’affirme le scénariste du film Mark O’Halloran, « Je mets un point d’honneur à écrire pour les gens sans défense. ». Passé les premières scènes, on se rend compte que le personnage existe, qu’il s’agit d’un être en chair et en os qui représente une certaine forme d’innocence, ce qui va nécessairement se heurter à la dureté du monde. Tout cela est possible grâce à une mise en scène très dépouillée qui met en valeur l’extraordinaire travail de Pat Shortt C’est ce travail qui rend l’aventure passionnante, pathétique et profondément humaine. On aborde aussi un thème cher à Lenny Abrahamson et à son scénariste : celui d’une certaine perte de repères de la société moderne, incapable d’intégrer les marginaux dans un authentique élan de solidarité.

Il va de soi que la « mauvaise action » de Josie ne recèle aucune intention mauvaise et qu’elle provient plutôt de son ignorance. La fin tragique s’inscrit dans un contexte mental particulier du personnage : elle est le fruit du manque de charité de ses concitoyens.


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