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carre_jaune Indigènes

Film de guerre franco-marocano-algéro-belge (2005) de Rachid Bouchareb,

avec Jamel Debbouze (Saïd), Sami Naceri (Yassir), Roschdy Zem (Messaoud), Sami Bouajila ( Abdelkader), Bernard Blancan (Martinez), Mathieu Simonet (Leroux), Benoît Giros ( le capitaine Durieux), Antoine Chappey (Le colonel), Mélanie Laurent (la jeune fille du village des Vosges), Assad Bouab (Larbi) (2h08). Prix collectif d’interprétation masculineà Cannes en 2006.

Un film sur la Deuxième Guerre mondiale, mais qui a une caractéristique : les combattants dans les rangs français sont de gens venus du Maroc. Effectivement Saïd, Abdelkader, Messaoud et Yassir se sont engagés comme 130000 autres « indigènes » dans l’armée française pour libérer « la mère patrie » de l’ennemi nazi. Ces combattants venus du nord de l’Afrique n’ont jamais foulé le sol français, mais ils vont vaincre en Italie, en Provence, dans les Vosges, avant de se retrouver seuls à défendre un village alsacien contre un bataillon allemand. Sous le commandement d’un sergent français, mus par de motivations diverses, ils seront parfois victimes de discriminations variées, mais respectés pour leur bravoure. L’histoire, qui a enchaîné sur les mouvements d’indépendance, a eu tendance à oublier ces soldats anonymes que Rachid Bouchared fait revivre de façon émouvante.

C’est un projet ambitieux qui ne cache pas l’intention des auteurs : il s’agit de rappeler à la France, au monde, et aussi aux générations d’immigrés d’origine maghrébine en France, le rôle joué par les combattants venus d’Afrique du Nord dans la Deuxième Guerre mondiale. Résultat d’une documentation très sérieuse, Rachid Bouchareb a donné à son film l’ampleur épique d’un film de guerre, mais sans ignorer les détails qui permettent de caractériser les quatre « indigènes », sans oublier le sergent Martinez (joué par Bernard Blancan, primé aussi à Cannes à côté de Debouze, Naceri, Zem et Bouajila). L’engagement de ces acteurs dans le projet donne au film un caractère symbolique sur la valeur d’une histoire commune que certain risquent d’oublier. Certes, « Indigènes », voulu comme un film consensuel, évite tout sujet polémique et passe sous silence l’épisode des massacres de Sétif de mai 1945. Si les intentions, en partie didactiques du film, sont évidentes, tout se fait de façon très naturelle, chaque personnage conservant sa part d’humanité.

Ce retour en arrière semble inspiré des meilleures intentions et apparaît comme un juste hommage aux soldats du nord de l’Afrique qui sont venus défendre la France pendant la Seconde Guerre mondiale. Il faut signaler que les rares vexations que le film évoque sont réparées de façon juste et positive par l’autorité militaire.

Georges Collar


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