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Valeur artistique

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Valeur humaine

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carre_jaune Into the wild

Drame américain (2007) de Sean Penn, avec Emile Hirsch (Christopher McCandless), Marcia Gay Harden (Billie McCandless), William Hurt (Walt McCandless), Jena Malone (Carine McCandless), Brian Dierker (Rainey), Catherine Keener (Jan Burres), Vince Vaughn (Wayne Westerberg) (2h27).

Alors qu’il vient d’obtenir son diplôme d’université, Christopher McCandless, un brillant étudiant de 22 ans, a la possibilité de poursuivre ses études à Harvard, mais il décide d’y renoncer et de prendre la route avec un sac à dos comme simple bagage. Il fuit une atmosphère familiale tendue, ne supportant plus l’idée que ses parents leur aient menti, à lui et à sa sœur, Carine. Il laisse sa famille sans nouvelles de lui. Avec comme point de départ la Virginie, son périple va le mener jusqu’en Alaska, en passant par le Dakota du Sud, le Colorado, l’Arizona, le Mexique et la Californie. Il y fera de belles rencontres avant de s’installer dans un endroit totalement sauvage de l’Alaska...

Il y a dix ans, l’acteur et réalisateur Sean Penn a eu un véritable coup de foudre pour le livre de Jon Krakauer, qui racontait le parcours authentique de Christopher McCandless. Ce n’est qu’une décennie plus tard que la famille McCandless a donné son accord pour une adaptation cinématographique de cette œuvre. Le cinéaste filme le voyage initiatique d’un jeune homme en quête d’une vie plus authentique, se nourrissant des récits de Jack London et des poèmes de Thoreau, et fuyant à la fois le matérialisme d’une société et les hypocrisies de ses parents. Les grands espaces américains, qu’il s’agisse du désert de l’Arizona, du canyon du Colorado, des champs des blé du Dakota ou des montagnes enneigées de l’Alaska, sont magnifiquement filmés, et leur caractère majestueux ou épuré se prête particulièrement à l’introspection. Certains trouveront peut-être, par moments, cette mise en scène un peu emphatique, mais le cinéaste transmet à son récit un indéniable souffle épique et se montre très à l’aise dans des scènes intimistes (Christopher fera de nombreuses rencontres au cours de son voyage), qui ne sont pas sans rappeler « Une histoire vraie » de David Lynch (l’un de ses plus beaux films) et apportent à cette œuvre une profondeur particulière. La distribution est impeccable, et la performance d’Emile Hirsch (« Alpha Dog »), qui semble s’être totalement approprié le personnage (ce qui a nécessité une grande implication physique et mentale), force l’admiration. À noter une excellente bande originale, avec une musique de Michael Brook (« La chute du faucon noir ») et plusieurs titres de Pearl Jam.

Christopher est un étrange personnage. La démarche de ce jeune homme épris de liberté et amoureux de la nature peut apparaître profondément égoïste (il laisse sa famille dans un terrible état d’inquiétude et de souffrance). Mais notre héros est doté d’une indéniable forme d’altruisme, apportant du bonheur, de l’attention et de l’amour à toutes les personnes qu’il croise au cours de son périple. L’un des personnages l’invitera à se laisser guider par le pardon (« Quand on pardonne, on a l’amour, et quand on a l’amour, Dieu nous inonde de sa lumière. »). Le film est imprégné de spiritualité, et, dans ses derniers retranchements, à bout de force, Christopher aura la vision d’une réconciliation avec ses parents et parviendra encore à écrire cette phrase qui résume son périple : « Le bonheur n’est réel que s’il est partagé. ». Quelques scènes de nudité.

Marie-Lorraine Roussel


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