Betty est une petite fille de 10 ans à l’imagination débordante. Elle se sent très seule depuis que sa grande sœur, Agnès, est partie en pension. Sa mère est souvent absente et son père travaille beaucoup. Il est médecin dans l’asile psychiatrique situé juste de l’autre côté de leur jardin. Un jour, Betty apprend qu’un des patients s’est enfui de l’asile et elle découvre qu’il s’est réfugié dans leur jardin. Touchée par sa vulnérabilité, elle décide de le cacher dans la cabane à vélos. Chaque jour, elle vient lui apporter à manger et lui tenir un peu compagnie...
Jean-Pierre Améris a choisi d’adapter ce court roman d’Anne Wiazemsky, car il souhaitait depuis longtemps réaliser un film sur l’enfance. À travers le personnage d’Elisabeth, il parvient à capter, avec une indéniable finesse, la grande vulnérabilité de l’enfance tout autant que son incroyable richesse. Se sentant parfois à l’écart d’un monde qui réfute son imaginaire, Élisabeth se découvre une proximité affective avec ces patients que la société rejette, mais dont les qualités de cœur lui sont immédiatement visibles. Certes, le film souffre d’une certaine naïveté, et le dénouement pèche par un sentimentalisme un peu trop appuyé, mais il y a tant de délicatesse dans cette histoire qu’il s’agit, somme toute, de réserves mineures. Alba-Gaïa Kraghede Bellugi apporte beaucoup de naturel à son personnage. Stéphane Freiss incarne le père de Betty avec une belle justesse et, en quelques scènes, Yolande Moreau rend son personnage très attachant.
Le film rend un bel hommage à l’enfance, à sa foi et à cette forme de pureté avec laquelle elle regarde le monde. Le récit comporte une part plus dramatique avec la tentation du suicide, qui appelle une mise au point.
Marie-Lorraine Roussel