Fatigué de ses nombreuses aventures, John Rambo s’est retiré dans le nord de la Thaïlande où il essaye de vivre en paix. La pêche et la capture de serpents venimeux lui donnent de quoi vivre. Il se tient à l’écart de la guerre civile qui se déroule non loin de là, sur la frontière de la Thaïlande et de la Birmanie. Mais les événements le poussent, bien malgré lui, à entrer à nouveau dans les conflits qui secouent le monde. Un groupe de volontaires humanitaires d’inspiration chrétienne, menés par le docteur Michael Burnett et par sa fiancée, Sarah Miller, lui demande de le conduire dans la zone de combats où les Karens de Birmanie, un peuple de fermiers et de paysans, luttent contre l’oppression des militaires birmans, qui exercent une répression impitoyable. D’abord réticent, Rambo accepte finalement de les conduire de l’autre côté de la frontière. Deux semaines plus tard, le pasteur Arthur Marsh lui apprend que les volontaires sont tombés entre les mains de soldats sanguinaires. Alors, avec un petit groupe de mercenaires, Rambo décide d’aller les libérer...
Promis, juré. Comme, l’année dernière, « Rocky Balboa » a clôturé la série dédiée au plus populaire des boxeurs du cinéma, cette année « John Rambo » doit terminer la série des films dédiés à l’autre personnage créé par Stallone, devenu aussi très populaire à travers le monde et incarnant le guerrier indestructible et courageux. Ce combattant hors pair, héros positif par excellence, est toujours disposé à reprendre la lutte pour la bonne cause. Même s’il a aujourd’hui du mal à bouger, victime du désenchantement produit par ses expériences au Vietnam ou en Afghanistan. Le nouveau film, à la différence de « Rocky Balboa », qui offrait une galerie de personnages secondaires pittoresques et attachants, s’intéresse à deux groupes humains très différents : des volontaires humanitaires chrétiens, poussés par leur foi, et des mercenaires agissant par l’argent ou par goût de l’aventure. Le tout va se dérouler dans la jungle (le film a été tourné entièrement en extérieurs), où le scénario crée une situation d’injustice et une action trépidante. La partie la plus importante du film est composée d’une longue série de combats, d’embuscades, et de ruses pour libérer les prisonniers détenus dans un camp militaire. Rambo devra montrer à nouveau toutes les astuces du combattant hors pair, fidèle à sa légende. Car ces militaires birmans, assassins et tortionnaires, n’inspirent aucune sympathie. Et la lutte se déroulera toujours dans un déséquilibre des forces, une demi-douzaine de combattants, du côté de Rambo, contre des centaines de soldats qui tomberont comme des mouches. Nous assistons donc à une longue série de scènes d’action tournées avec maîtrise, défiant, la plupart des fois, la vraisemblance. À la fin, c’est la véritable conclusion de l’histoire, Rambo, réconcilié avec le monde, rentrera en Amérique
Stallone a toujours eu dans ses films, et pas seulement dans la série des « Rambo », un faible pour la violence. Dans « John Rambo » cette violence est poussée à l’extrême, à cause des péripéties de l’histoire, mais aussi en raison de la surenchère que connaît actuellement le cinéma dans ce domaine. Malgré tout, les responsables du film affirment que la violence que le film reflète n’est rien en comparaison des vraies violences dont les Karens font l’objet. C’est naturellement cette violence qui risque de choquer les spectateurs dans un film par ailleurs destiné à condamner toute forme d’oppression.
Georges Collar