Wendy vit à New York où elle assure des petits boulots par intérim tout en écrivant des pièces de théâtre. Son frère, Jon, est professeur d’art dramatique à l’université de Buffalo. Un jour, ils apprennent que leur père, Lenny, qui ne s’est jamais trop occupé d’eux et qui vit à Sun City, en Arizona, avec sa compagne, commence à être atteint de démence. Lorsque celle-ci décède, Lenny se retrouve sans logement. Jon décide de le placer dans une maison de retraite de Buffalo. Wendy commence par s’opposer à cette solution, mais finit par s’y résoudre. Elle éprouve beaucoup de culpabilité à agir ainsi et s’installe quelques jours chez Jon, le temps que leur père trouve ses marques...
L’idée de départ du film est liée à la fois à la propre expérience de la réalisatrice et scénariste Tamara Jenkins (« Les taudis de Beverly Hills ») et au constat que ce sujet délicat et ô combien universel (la façon dont nous réagissons face au vieillissement de nos parents) avait été relativement peu abordé de front au cinéma. Le récit présente donc un indéniable intérêt humain et social. Il est mené avec beaucoup d’intelligence et de subtilité. Les personnages sont croqués avec une grande finesse, à la fois dans leurs maladresses, leurs obsessions et leurs contradictions. La mise en scène se révèle inventive et élégante et, grâce à un travail précis et pertinent sur les décors, la réalisatrice a su rendre très juste l’atmosphère des différents lieux où se situe l’intrigue. Malgré la gravité du sujet, l’histoire comporte de nombreuses notes d’humour toujours bien vues et qui font mouche. Une petite musique mélodieuse accompagne gracieusement les différentes situations du récit. Cette œuvre n’aurait sans doute pas cette authenticité sans le jeu sensible et juste de Laura Linney et de Philip Seymour Hoffman, tous deux excellents.
Marqués par une enfance difficile, des parents désunis, peu présents et peu affectueux, Wendy et Jon mènent une vie sentimentale compliquée et peu satisfaisante. Pour tenter d’oublier les maux du passé, Jon consacre son temps et son énergie à un ouvrage sur Bertolt Brecht, et Wendy avale toutes sortes de médicaments en pensant qu’ils apaiseront ses tourments. Bien qu’ils aient