Anna, une petite fille de neuf ans, mène une petite vie bourgeoise et paisible entre le pavillon parisien de ses parents, son école catholique et la propriété viticole de ses grands-parents, à Bordeaux. Mais, en ce début des années soixante-dix, l’arrestation et la mort d’un oncle espagnol qui combattait Franco poussent ses parents, à faire un voyage au Chili, qui va profondément transformer ses parents. Finie la vie tranquille pour Anna, qui va devoir suivre ses parents dans leur combat pour le communisme, le féminisme et l’avortement. La petite fille commence par se révolter contre les tous les bouleversements que cela implique dans sa vie : déménagement, nouvelle nounou et beaucoup de nouveaux visages. Pourtant, petit à petit, Anna va s’habituer à sa nouvelle vie et même finir par l’apprécier...
Pour son premier film, la fille de Costa-Gavras suit les traces de son père en réalisant un long métrage très engagé politiquement avec une mise en scène soignée. Le problème, c’est que les divers messages politiques sont assénés au spectateur à grands coups de massue, à l’image de la petite actrice principale, qui n’est pas très bien dirigée, ne fait que crier et finit très vite par devenir agaçante. Ce film qui traite de sujets d’adultes vus par une enfant ne semble pas pouvoir captiver les enfants, mais son discours est, par conséquent, trop simpliste pour intéresser les parents.
Julie Gavras s’en prend à la religion catholique en en donnant une image intolérante plus qu’austère. A cela s’ajoute un discours proavortement qui paraît vraiment naïf. Les bonnes sœurs, la grand-mère d’Anna et tout ce qui représente les valeurs traditionnelles sont présentés comme très méchants, alors que les parents communistes et leurs amis, eux, sont très gentils et ont tout compris.
Cédric Frétard