Carla del Ponte est procureur au Tribunal pénal international. Les responsables de la tragédie des Balkans doivent y être jugés. Avec l’aide de sa petite équipe, ce procureur déploie toute son énergie pour obtenir l’arrestation des derniers criminels de guerre encore en fuite : les Serbes Ratko Mladic et Radovan Karadzic et aussi le Croate Ante Gotovina, responsables du massacre de Srebrenica. Il lui faut, pour cela, compter sur la collaboration de la Croatie et de la Serbie. Si la Croatie, qui espère intégrer l’Union Européenne, montre une certaine bonne volonté, ce n’est pas le cas de la Serbie. Le temps presse, car le mandat de Carla del Ponte prend fin en septembre 2007. Elle se rend à Washington pour plaider auprès du département d’État une plus grande collaboration entre les services secrets et prépare un discours musclé qu’elle lira devant le Conseil de sécurité de l’ONU, à New York.
Le réalisateur suisse Marcel Schüpbach a suivi, de juillet à décembre 2005, Carla del Ponte dans son combat, devenu une course contre-la-montre pour que puissent être jugés les criminels de guerre de l’ex-Yougoslavie et que justice soit faite. Devant l’urgence de la situation, ce documentaire, qui nous plonge dans les arcanes du Tribunal international, se suit comme un thriller. Aux côtés de Carla del Ponte, nous devenons des témoins captivés de ses incessantes démarches auprès des puissants et nous nous réjouissons lorsqu’elle obtient enfin une petite avancée. L’ensemble ne manque pas de clarté, malgré la complexité du dossier. Le documentaire est entrecoupé d’images de Srebrenica et de ses survivants, qui luttent pour que cette tragédie ne reste pas impunie. La qualité de ce documentaire passionnant tient au climat de confiance que le réalisateur a su instaurer avec Carla del Ponte, dont le franc-parler et la force de caractère marquent les esprits.
On ne peut qu’admirer la détermination de cette petite femme énergique qui a foi en sa mission et en la justice, et qui n’abandonne jamais.
Marie-Lorraine Roussel