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carre_jaune La vengeance dans la peau

Film d’aventures américain (2007) de Paul Greengrass, avec Matt Damon (Jason Bourne) Joan Allen (Pamela Landy ), David Strathairn ( Noah Vosen), Paddy Considine (Simon Ross), Julia Stiles (Nicky), Albert Finney (le docteur Albert Hirsch) (1h56).

Dans le premier film ("La mémoire dans la peau, 2002"), Jason Bourne, qui avait perdu la mémoire, essayait de découvrir sa véritable identité. Dans un deuxième épisode de 2004 ("La mort dans la peau"), Bourne voulait se venger des l’organisation qui l’avait manipulé en faisant de lui un assassin et il avait tué sa compagne. Maintenant, il refait surface et, rapidement, il se rend compte que l’on voudrait l’éliminer. Il a récupéré en partie sa mémoire et évoque une affaire au nom mystérieux, en réalité un nouveau système pour fabriquer des agents qui assassinent en croyant servir leur pays. Comme d’habitude, nous trouvons parmi les gens qui le traquent un méchant, Noah Vosen, qui est au courant de toutes les manœuvres illégales du système et qui veut à tout prix l’éliminer, tandis que Pamela Landy (Joan Allen), déjà présente dans l’épisode précédent, essaye de le sauver, en considérant qu’il est le seul à posséder la clef d’une affaire ténébreuse au sein des services secrets. Nicky, aussi présente dans l’épisode précédent, fait une brève apparition pour aider Jason. Enfin, les services qui traquent celui-ci pour le tuer, doivent suivre sa trace au travers d’un itinéraire complexe qui passe par Moscou, Londres, Paris, Madrid, Tanger et New York. Bourne est à la fois poursuivi par les agents fédéraux, les polices locales et Interpol, ce qui promet une course effrénée.

Paul Greengrass s’est chargé de nouveau de la mise en scène, ce qui nous vaut beaucoup d’action et surtout un montage particulièrement accéléré, à donner le vertige. Mais cela est en partie demandé par l’idée qui préside le film : faire une course-poursuite, encore plus rapide que dans les épisodes antérieurs. Naturellement, si l’on aborde les mêmes personnages et la même histoire, il existe des ressemblances évidentes avec les deux chapitres précédents, même si à chaque fois de nouveaux éléments sont apportés. On sait depuis longtemps que Jason Bourne faisait partie d’une équipe d’agents conditionnée par des méthodes non orthodoxes pour exécuter des missions comportant des crimes. Comme ce système n’a pas marché, il a été abandonné et remplacé par un autre plus sophistiqué mais que Bourne risque de faire capoter. Ce qui est vraiment nouveau et assez fascinant, même si l’on comprend que la réalité est toujours plus complexe, c’est la façon dont Vosen, joué par l’excellent David Strathairn, déplace de son bureau ses agents pour traquer Bourne. Le monde se transforme ainsi en une gigantesque partie d’échecs où les villes, par prise aérienne, deviennent des carrés. C’est dans ce contexte que la course doit se dérouler à toute vitesse, et tant pis si certains spectateurs ont le vertige. "La vengeance dans la peau" est un film d’agents secrets et d’action qui doit respecter ses règles en y ajoutant toujours un élément nouveau.

Au fond, ce sont la lutte pour la vérité et la condamnation de pratiques mauvaises qui sont au cœur de ce film. La violence n’est pas agressive, et il n’y a pas l’ombre d’une aventure sexuelle. Il s’agit du schéma classique du film à suspense, si souvent utilisé par Hitchcock : l’innocent poursuivi par les bons qui le croient méchant et par les méchants qui veulent le réduire au silence.

Georges Collar


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