Le Petit Chaperon rouge traverse une grande forêt au bout de laquelle se trouve la maison de sa grand-mère malade. La fillette est venue lui apporter des gâteaux et un peu de réconfort. Arrivée enfin chez son aïeule, elle commence à discuter avec elle, mais elle lui trouve un bien étrange aspect. C’est alors que surgit du lit un loup, que déboule de la fenêtre un bûcheron tenant fermement à la main une hache et que tombe du placard sa grand-mère complètement ligotée. La police est rapidement sur les lieux et le commissaire chargé de l’enquête est bien déterminé à faire toute la lumière sur cette mystérieuse histoire. Les quatre protagonistes de l’affaire, le Petit Chaperon rouge, le loup, le bûcheron et la grand-mère, sont emmenés au poste de police et interrogés tour à tour...
Si l’on retrouve dans cette œuvre beaucoup d’éléments fréquemment utilisés dans le film d’animation actuel (univers des contes de fées revisité, nombreuses références cinématographiques et clins d’œil au public, tonalité résolument parodique...), celle-ci n’acquiert pas moins son propre style et une certaine originalité. À partir d’un conte ultraconnu, les auteurs tissent un polar qui se joue de tous les codes du genre et donne une seconde jeunesse aux personnages pour le moins typés du conte. Le Petit Chaperon rouge est une jeune femme tonique et audacieuse pratiquant le karaté, le loup s’avère un journaliste rusé, le bûcheron rêve d’une carrière d’acteur et la grand-mère est une grande adepte des sports extrêmes. Le dessin animé joue résolument dans le registre de l’humour décalé qui risque de faire mouche chez le spectateur. Certains personnages secondaires sont d’une drôlerie irrésistible, comme cet écureuil photographe au débit de paroles impressionnant. Le graphisme n’est pas très esthétique, mais il a une certaine cohérence avec la tonalité résolument satirique du film. On peut être récalcitrant à ce type d’humour, mais, si le spectateur y est sensible, il passera un excellent moment.
Cette œuvre s’adresse davantage aux adolescents et aux adultes, même si elle peut être vue par tous les publics.
Marie-Lorraine Roussel