Au cours de la Seconde Guerre mondiale, en Écosse. Angus vit avec sa mère et sa sœur dans un petit village près du loch Ness. C’est un garçon d’une dizaine d’années, solitaire et angoissé, qui souffre de l’absence de son père, parti au front, et compte les jours avant son retour. Sa mère n’a pas osé lui avouer qu’il avait été tué. Un jour, alors qu’il ramasse des crustacés sur la plage, il découvre une étrange pierre à la forme arrondie. Il l’emporte avec lui et la cache dans l’atelier de son père. Lorsqu’il revient quelque temps plus tard, il s’aperçoit que sa pierre était, en fait, un œuf qui abritait une étrange créature ressemblant à un dragon des mers. Angus lui donne le nom de « Crusoé » et l’apprivoise très vite. Mais l’animal grandit rapidement, et Angus est contraint de le conduire jusqu’au lac. Bientôt circulent au village des rumeurs sur la présence d’un monstre marin dans le lac...
La légende du loch Ness fait partie de ces légendes populaires auxquelles on ne croit pas vraiment et qui, pourtant, exercent une sorte de fascination. Lorsque l’on s’approche de ce lac, on ne le regarde pas vraiment de la même façon que les autres lacs. C’est sur ce sentiment de fascination que reposent le roman de Dick King-Smith, ainsi que son adaptation cinématographique signée Jay Russell. Le récit comprend tous les ingrédients pour séduire un jeune public : un jeune garçon solitaire et rêveur, une singulière créature qui peut être à la fois effrayante et attachante, des secrets qu’il faut garder, des menaces auxquelles il faut échapper... Si ce film d’aventures se révèle de facture classique dans sa forme et dans sa narration, il se révèle, néanmoins, de très bonne tenue. La mise en scène est soignée ; la photographie, de qualité très appréciable, met en valeur de magnifiques paysages. Les effets spéciaux, que l’on doit aux désormais fameux studios « Weta Workshop et Weta Digital » (qui ont conçu ceux de la trilogie du « Seigneur des anneaux » et du « Monde de Narnia »), sont superbes. Quant au récit, il est d’une belle fluidité, et la dernière partie nous réserve un rythme particulièrement trépidant. Le jeune Alex Etel apporte une belle sensibilité à son personnage, et le reste de la distribution est impeccable.
Le film met en scène une classique histoire d’amitié entre un enfant et un animal. Celle-ci nous montre que la force et la puissance (ici, celle d’une créature gigantesque) ne sont pas forcément du côté du mal, mais qu’elles peuvent servir les plus faibles et les plus petits, et ce que chacun peut apporter à l’autre. Quelques scènes peuvent impressionner le jeune public.
Marie-Lorraine Roussel