Un matin d’automne, une petite fille se promenant dans la forêt aperçoit un renard roux. Touchée par sa beauté et par son agilité, elle tente de le retrouver. S’armant de patience, elle revient tous les jours et guette toute trace de ce renard. Elle finit par trouver son terrier, découvre qu’il s’agit d’une renarde et que celle-ci a des petits. Mais l’animal ne se laisse pas facilement approcher. La petite fille ne cherche pas à le brusquer et s’installe chaque jour en haut d’un arbre d’où elle peut l’observer. Elle gagne peu à peu sa confiance, et une relation privilégiée se tisse entre l’enfant et la renarde. Un jour, elle sauve l’animal d’une meute de loups. Une autre fois, elle se perd dans la forêt... Elle découvrira que le renard reste une bête sauvage que l’on ne peut pas apprivoiser comme un animal domestique...
Luc Jacquet s’est fait connaître avec son précédent long-métrage, « La marche de l’empereur », qui rencontra un succès mondial (notamment aux États-Unis) et obtint de nombreuses récompenses. Après avoir arpenté l’Antarctique, il revient dans les montagnes de l’Ain où il a passé son enfance et qui constituent le cadre de cette belle rencontre entre un enfant et un animal. Pour nous raconter cette histoire, le réalisateur a choisi la forme du conte. Comme si l’on ouvrait les pages d’un livre, la douce voix d’Isabelle Carré commence à nous conter (en voix off) les premières péripéties de l’histoire. Le récit se focalise essentiellement sur les escapades en montagne de la petite fille, à l’exception de quelques scènes dans sa chambre. Et les adultes sont quasiment absents de tout le film (hormis dans la scène finale). Cette nature foisonnante dans laquelle nous sommes plongés 1heure30 durant est peuplée de toutes sortes de créatures animales, des plus petites aux dangereux prédateurs (ours, lynx, loups ...). On pense à "Blanche-Neige et les sept nains", avec tous ses petits animaux, ou encore à ces branches d’arbres qui prennent une allure inquiétante. La bande-son est composée d’une comptine chantée par la petite fille et d’une jolie partition musicale pour xylophone, et naturellement de tous les bruits de la nature. Le jeune spectateur s’identifiera facilement à l’héroïne et suivra avec intérêt les moments tendres de l’histoire, comme ceux, plus tendus, où la renarde est poursuivie par un lynx ou encore lorsque la petite fille s’aventure dans des coins plus inquiétants de la nature. Bertille Noël-Bruneau est charmante.
À travers cette histoire d’amitié, c’est l’importance de la patience, de la persévérance et du respect de l’autre qui est mise en avant. La petite fille prendra conscience qu’elle doit respecter l’état sauvage du renard et ne pas lui imposer ses désirs et ses volontés. Il s’agit aussi d’une ode à la nature et au don de l’émerveillement.
Marie-Lorraine Roussel