La famille du comte Charles Valerand d’Arbac de Neuville vit dans un château délabré depuis des générations, en autarcie culturelle, jusqu’à ce que Maître Convert ne lui apprenne sa dette de deux millions d’euros envers le Trésor Public. La famille tente l’impossible pour sauver le château, aidée par la jeune postière qui lui sert de passeuse dans ce chemin initiatique à travers la réalité sociale contemporaine.
Le scénario s’appuie sur la caricature, parfois réussie, plus souvent outrancière, des codes aristocratiques. Dès le début le ton est donné par la présentation des personnages dont les travers explicitement énumérés par la voix off de la plus âgée des petites-filles laissent presque l’impression d’une collection de gags mis bout à bout, ou d’une étude des préjugés sur le milieu. La mise en scène et le niveau d’interprétation très disparate (du registre de Jacques Weber à celui de Sébastien Cauet) suivent une ligne entre clownerie et grotesque qui donne le caractère particulier de cet humour. L’image au cadre classique bénéficie de décors somptueux dans de belles propriétés. La bande-son est amusante. Un film à regarder chez soi.
La critique de la superficialité par l’humour est de bon aloi, même si cet humour est un peu malmené par le désir de caricature. La conclusion de l’intrigue est d’une morale un peu convenue, politiquement correcte. L’amour reste vainqueur, quoique grevé d’une scène suggérée (uniquement par le son) de coucherie sans sentiment.
Eric Galland