Rémi Bassano vit à Paris avec son épouse, Lucile, et ses deux enfants. Il travaille comme restaurateur de tableaux et mène une vie calme et sans histoires. Un jour, il oublie de fermer un robinet dans son atelier qui se retrouve complètement inondé. Comme si cela ne suffisait pas, sa femme lui annonce qu’elle veut le quitter, car elle aime un autre homme. Alors que son moral est au plus bas et qu’il est parti chercher un peu de réconfort chez ses parents, un étrange phénomène se produit. Il est littéralement happé par le sol et se retrouve dans un monde parallèle, à une époque lointaine. Le voilà dans le village de Bégami où vit une tribu tenue en esclavage par Zotan, un redoutable tyran cannibale. Rémi est perçu par les habitants de Bégami comme le sauveur tant attendu qui doit les libérer du joug du tyran...
Pour son deuxième long-métrage, le réalisateur Daniel Cohen (« Une vie de prince »), qui mène aussi une carrière d’acteur et de scénariste, signe une comédie fantaisiste divertissante et plutôt bien faite. Le ressort comique de l’intrigue repose sur le contraste culturel entre deux mondes et deux époques, mais aussi sur le brutal changement de statut que connaît notre héros. Ruiné et abandonné par sa femme, il devient l’homme providentiel de tout un peuple. Les événements le transforment en guerrier, en stratège miliaire, en bâtisseur de ville... Bien sûr, le récit s’offre quelques raccourcis un peu faciles et ne s’attarde pas trop sur la façon dont Rémi transmet le savoir d’une autre époque. Certains éléments de l’intrigue auraient pu, en effet, être davantage explorés. Mais l’histoire garde un bon rythme et une fluidité appréciable tout au long du film. Le travail sur les décors et les costumes donne à ce monde parallèle une certaine cohérence. Benoît Poelvoorde exploite parfaitement tout le comique de situation de l’intrigue.
Derrière l’humour et la cocasserie de l’histoire, se dévoile l’importance pour tout un chacun de trouver sa place dans la société et d’obtenir une certaine forme de reconnaissance. Le sentiment de pouvoir est plaisant un certain temps, mais il ne peut répondre à toutes les attentes. Malgré ses déboires conjugaux, Rémi, profondément meurtri par le départ de sa femme, ne cessera pourtant de l’aimer et de vouloir la reconquérir. Quelques légèretés.
Marie-Lorraine Roussel