Il arrive à Mr. Bean d’être chanceux. Il vient, en effet, de gagner à la loterie une semaine de vacances sur la Côte d’Azur, ainsi qu’une caméra vidéo. Son périple ne sera naturellement pas de tout repos. Devant se rendre à la gare de Lyon où il prendra un train pour Cannes, il se retrouve à la Défense et ne parviendra à rejoindre la gare que grâce à sa boussole. Sur le quai, il demande à un homme de filmer son départ. Mais le train démarre sans cet homme, qui n’est autre que le réalisateur russe Emil Duchevsky, membre du jury du prochain festival de Cannes. Son fils est à bord. Mr. Bean, se sentant responsable de cette séparation inattendue, décide de s’occuper de l’enfant. L’un et l’autre ne sont pas près d’arriver à Cannes...
On ne présente plus Mr. Bean et ses facéties inimitables, personnage qui inspira une série comique qui fit les beaux jours de la télévision britannique, mais connut aussi un grand succès en France et un peu partout dans le monde. En 1997, Mr. Bean a pour la première fois les honneurs du petit écran (« Mr. Bean »). Rowan Atkinson apparaît régulièrement au cinéma dans des petits rôles souvent remarqués : en prêtre novice et maladroit dans « Quatre mariages, un enterrement », en pasteur dépassé par sa famille dans « Secrets de famille » et encore en vendeur de bijoux exaspérant dans « Love actually ». Ce nouveau long-métrage, articulé autour du personnage de Mr. Bean, renoue avec la pure comédie burlesque reposant principalement sur des gags visuels et le comique de situation. Le sujet aborde un thème assez classique, celui du choc culturel. Mr. Bean débarque dans un pays dont il ne maîtrise pas la langue ni les usages. Il ne sait, par exemple, comment déguster une langoustine dans un restaurant chic. Le récit, assez conventionnel dans ses intentions, est plutôt habilement construit et les péripéties qui s’enchaînent sont autant de gags, de qualité certes inégale, mais, dans l’ensemble, plutôt réjouissants. On retiendra notamment une dégustation inattendue dans une brasserie chic et une performance remarquée dans un marché de province. La dernière partie du film se déroule lors du festival de Cannes. La satire du cinéma d’auteur narcissique ne manque pas de piquant. Cette nouvelle incursion de Mr. Bean sur grand écran est donc plutôt un motif de satisfaction et réjouira certainement tous les amateurs du cinéma burlesque et des facéties de Rowan Atkinson.
Comme beaucoup de figures burlesques, Mr. Bean est un personnage attachant dans ses maladresses et qui sait faire preuve de certaines qualités de cœur.
Marie-Lorraine Roussel