À Las Vegas, Reuben, le mentor de Danny Ocean, espérait une collaboration fructueuse avec Willy Bank, propriétaire d’un prestigieux casino, mais celui-ci l’a impitoyablement trahi. Marqué par cette trahison, Reuben est victime d’un malaise cardiaque et semble condamné à finir ses jours à l’hôpital. Danny, bien décidé à venger l’honneur de son ami et à lui redonner le goût de vivre, sollicite toute sa bande. Tous répondent présent. Willy Bank doit bientôt inaugurer son nouveau casino. L’équipe de Danny envisage de trafiquer les tables de jeu pour le jour de l’inauguration et de dérober à Bank 5 diamants, prix qui lui avaient été attribués par le Royal Board of Review pour ses hôtels. La mission apparaît impossible, mais Danny et ses amis sont habitués à relever les défis les plus fous...
Stephen Soderbergh continue à alterner films de divertissement et œuvres expérimentales. En plus du plaisir qu’il prend à tourner cette série des « Ocean’s », celle-ci lui permet de financer des œuvres plus exigeantes. Continuant à explorer le genre bien balisé du film d’arnaque, le cinéaste mise sur la séduction que l’audace et l’ingéniosité des protagonistes provoquent chez le spectateur. Le récit comporte ainsi quelques scènes jubilatoires, que l’humour omniprésent du film rend encore plus savoureuses. Si l’intrigue réserve peut-être moins de surprises que celles des deux derniers volets, elle gagne en limpidité. La mise en scène est fluide et la musique inspirée. Quant à la distribution, elle est une nouvelle fois prestigieuse. On retrouve tous les grands noms des précédents volets, avec Al Pacino en plus. C’est plutôt sympathique de voir ces monstres sacrés réunis dans un même film pour le simple plaisir de jouer ensemble.
Certes, Danny et son équipe sont des escrocs. Mais ce qui les attire dans ces arnaques, ce n’est pas tant l’appât du gain que le plaisir de relever les défis les plus audacieux. Qui plus est, utiliser les compétences de chacun pour mener à bien un projet, cette base du scénario de chaque volet reste une idée séduisante. D’épisode en épisode, Soderbergh rend ses personnages plus humains et plus attachants. Danny veut venir en aide à ses amis, et la solidarité fonctionne pleinement. Mais rien n’est vraiment à prendre au sérieux, car le film est, avant tout, porté par son aspect ludique. Notons aussi que c’est toujours agréable de voir que, dans un film de suspense destiné à un large public, on renonce aux vieilles ficelles du sexe et de la violence.
Marie-Lorraine Roussel