Tout semble aller pour le mieux pour Peter Parker, alias Spider-Man. Toujours aussi amoureux de Mary-Jane, il s’apprête à lui faire une demande en mariage. Grâce à ses exploits, la criminalité a chuté à New York, et il s’est, une nouvelle fois, illustré lors d’une mission périeuse au cours de laquelle il a sauvé la vie de la fille du capitaine de police. Toute la ville le vénère et organise une fête en son honneur. Tout auréolé de gloire, Peter ne voit pas qu’il en va tout autrement pour Mary-Jane. Les débuts sur les planches de celle-ci lui ont valu des critiques acerbes, elle a été remplacée dans la pièce où elle jouait et se contente d’un emploi de serveuse-chanteuse dans un bar. Mary-Jeanne souffre de voir Peter si peu préoccupé par ses problèmes. Du coup, elle se rapproche de Harry, qui, à la suite d’un affrontement avec Spider-Man, a perdu la mémoire et, donc, de la raison de ses griefs contre l’homme-araignée. Mais Spider-Man va être confronté à des problèmes inattendus. Pour des raisons qu’il ignore, son costume devient noir et il voit ses pouvoirs décupler. Séduit par cette impression de puissance, il ne se rend pas compte que ce sont les sentiments les moins nobles l’habitant qui prennent le dessus...
Après deux volets réussis et salués par la critique comme par le public, Sam Raimi poursuit son exploration du personnage de Spider-Man et des obstacles auxquels il doit faire face. Il parvient, de nouveau, à allier les règles du divertissement, dans lesquelles transparaît tout le savoir-faire hollywoodien, à un scénario complexe, intelligent et ne manquant pas de profondeur. Le récit comprend son lot de scènes plus spectaculaires les unes que les autres, et l’on ne se lasse pas de ce ballet aérien à travers les gratte-ciel de Manhattan. Les effets spéciaux sont époustouflants et le travail sur la photographie crée un style visuel fidèle à celui des comic-books des années 60. Spider-Man va devoir affronter toute une série d’ennemis aux motivations complexes. Les péripéties que traversent les protagonistes de l’histoire sont autant de cas de conscience auxquels ils vont devoir se confronter et qui leur donne un relief particulier. Tobey Maguire est très convaincant dans un rôle qu’il connaît bien et qu’il étoffe chaque fois un peu plus.
Le récit soulève toute une série de questions passionnantes sur le libre-arbitre, l’orgueil et la tentation. Spider-Man va devoir affronter ses propres faiblesses et ses conséquences. Le film illustre la vacuité et les dangers de la vengeance, tout en valorisant des notions comme le pardon. Quelques violences inhérentes au genre.
Marie-Lorraine Roussel