Ce documentaire raconte la vie d’Éric Tabarly, qui demeure le plus grand des navigateurs français du vingtième siècle. Un film composé d’images et de paroles. Ici, les images prises sur le vif de la navigation sont celles des véritables exploits de Tabarly. Les paroles sont ses propres paroles, tirées de nombreux reportages réalisés à la radio et à la télévision, au sujet des aventures de cet exceptionnel « navigateur solitaire » et de son bateau mythique, le « Pen Duick ». Son père avait acheté celui-ci en 1931 et il l’avait offert à son fils en 1952, quand Éric atteignit 21 ans. Viennent ensuite les images de l’engagement de celui-ci dans la marine, puis la métamorphose de « Pen Duick » en « Pen Duick II », avec lequel il remportera sa première course transatlantique anglaise en 1964. Impossible de faire la liste complète des exploits des « Pen Duick » (II à VI). En 1980, il battit le record de la traversée de l’Atlantique sur le « Paul Ricard » (en 10 jours, 14 heures et 20 minutes). Le film s’occupe ensuite du mariage de Tabarly avec Jacqueline en 1984 et de la naissance de sa fille Marie. En 1997, ce sera encore la victoire sur monocoque dans la transatlantique Jacques Vabre, avec Yves Parlier, sur « Aquitaine-Innovations ». La fin arrivera la nuit du 12 au 13 juin 1998, en mer d’Irlande. Tabarly disparaît avec son bateau, à la suite des fêtes du centenaire du « Pen Duick » à Bénodet. La mer gardera à jamais le corps d’Éric Tabarly.
Pour les navigateurs du monde entier qui avaient aimé et admiré les exploits d’Éric Tabarly, il s’agit sans doute d’un document exceptionnel. Mais tous les cinéphiles, et le public en général, seront éblouis par ce film dont la vertu est de nous faire participer aux exploits du navigateur. Tous les documents existant sur lui (beaucoup inédits ou simplement oubliés) ont été utilisés, et l’on peut dire que le montage de Pierre Marcel nous fait monter à bord de chaque bateau et nous fait revivre les images de la navigation, parfois le suspense d’une fin de course sans nouvelles. En l’absence de voix off, presque toutes les précisions sur les courses et sur sa personne sont données par Tabarly lui-même, ce qui dessine, à côte du portrait du sportif, le portrait, ô combien attachant, de l’homme. Pour tous ceux qui aiment la mer et ses défis, « Tabarly » est un film indispensable.
C’est à la double enseigne du navigateur et de l’homme qu’il faut voir ce film qui fait l’éloge du courage et de l’exploit, toujours avec une simplicité et une modestie exemplaires.
Georges Collar