Voisins de palier et amis dès leur plus tendre enfance, Maxime et Esteban, 13 et 12 ans, ont pratiquement grandi comme de véritables frères. Leur amitié trouve ses racines dans le contexte familial. Maxime habite avec sa mère Emma et a perdu son père. Cette mort prématurée fait aussi qu’Emma se donne à fond dans son travail et qu’elle néglige inconsciemment de donner à son fils toute l’affection qu’il réclame. Cette femme est toujours marquée par la perte de son mari et a du mal à établir une autre relation sentimentale. La famille d’Esteban d’origine espagnole avec des parents qui s’aiment – Louna et Luis - et plusieurs enfants. Là éclate une joie de vivre qui a toujours attiré Maxime : il trouve dans ce foyer chaleureux les qualités qu’il ne trouve pas chez lui. Mais, un jour, l’amitié de Maxime et d’Esteban est menacée. Le père de ce dernier a une offre de travail intéressante en Espagne où il a décidé de rentrer avec sa famille. Maxime a appris la nouvelle en surprenant une conversation ; Esteban ne connaît encore rien de ce projet. Pour parer à un éventuel départ, Maxime découvre une méthode. On cherche un enfant pour jouer dans une comédie musicale au cinéma. Si Esteban y décroche un rôle, il sera obligé de rester. Esteban et Maxime se lancent dans ce projet en obtenant la complicité d’Emma, ce qui va rapprocher celle-ci de son fils.
Après « Rire et châtiment », il s’agit du second film en tant que réalisatrice de l’actrice Isabelle Doval. Celle-ci offre une véritable comédie familiale centrée sur l’amitié entre deux enfants, en jouant, certes, sur la gamme des amitiés enfantines, mais aussi, d’une façon plus large, sur les rapports familiaux. Elle oppose ainsi la famille d’Esteban, d’un bonheur expansif, à celle de Maxime, frappée par le drame de l’absence du père. Pour développer les caractères, elle se sert de l’épisode du casting qui fournit quelques péripéties drôles. La distribution est soignée, et les enfants, à la limite de l’âge ingrat, se débrouillent très bien. Dans l’analyse des caractères et des sentiments, Isabelle Doval trouve le ton juste pour un genre de film assez rare dans le contexte du cinéma français actuel. L’on évite, en plus, le cliché à la mode des familles recomposées. Le drame d’Emma n’est pas le résultat d’une rupture, mais d’un décès.
Une description vivante et sympathique d’un milieu familial dont l’amour mutuel est le premier atout.
Georges Collar